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..............Année 2010

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Joyeux Noël ! Feliz Navidad !

En cette fin d’année 2010, la mairie de Tudela a organisé un concours de cartes de Noël dont les participants étaient les enfants scolarisés dans la ville.

Le gagnant est Daniel López Villacastín. Ce jeune garçon âgé de 11 ans a réalisé un dessin représentant une crèche très atypique sur fond de Bardenas (on peut voir le Castildetierra).

Ce dessin sera utilisé pour illustré le programme des manifestations culturelles de Noël.

 
Le site "bardenas-reales.net" et son webmaster, Frédéric Moncoqut, vous souhaitent à toutes et à tous de Joyeuses Fêtes de fin d'année.

 

 

Un vautour s’invite dans une cour d’école :

Le jeudi 25 novembre dernier, un vautour fauve s’est posé dans la cour de l’école du village de Bardenas (ancien village de colonisation agricole, situé à proximité de la Bardena Aragonaise).

D’abord pantois, les enfants qui jouaient dans la cour à ce moment là ont vite été amusés par cette surprenante visite.

Le vautour était, semble-t-il, blessé et très affamé. Il semblait incapable de reprendre son vol et s’obstinait à mordiller tout ce qu’il pouvait trouver (pneus, ballons, etc).

 

 

Un enseignant de l’école essaya de repousser l'animal à l’aide d’un balai, mais en vain. La récréation terminée, les écoliers regagnèrent leur salle de classe mais toute leur attention resta focalisée sur le vautour qu’ils pouvaient continuer à observer par une fenêtre.

D’après les enfants, « Il nous regardait de travers ».

Plus tard, le vautour fut pris en charge par des agents du Service Provincial de l’Environnement d’Aragon, puis amené à Ejea de los Caballeros afin d’y être soigné et nourri.

Photos : ejeadigital.com

 

 

Attention ! El Señor Gayarre se réveille !

Le président très contesté de la Communauté des Bardenas Reales, José Antonio Gayarre, demande que le parc éolien de Sancho Abarca soit fermé (voir article suivant).

Il est très étonnant de voir ce monsieur s’inquiéter de la sauvegarde du paysage naturel et de la survie des grands rapaces. En effet, le projet de construction du parc éolien était connu de tous tant en Aragon qu’en Navarre depuis plus de dix ans !

Alors pourquoi attendre qu’il soit construit pour protester ? Pourquoi ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour qu’il ne voit jamais le jour ?

Les éoliennes de Sancho Abarca se situent en bordure du Parc Naturel des Bardenas Reales (Réserve de Biosphère) et d’une importante Réserve Naturelle (Caidas de la Negra), mais compte tenu des dizaines de millions d’euros investis pour la construction de ce parc, il est quasiment certain qu’il ne fermera jamais.

 

Après avoir accordé à l’armée espagnole le maintient du polygone de tir et de bombardement au cœur des Bardenas pour vingt nouvelles années, monsieur Gayarre continue donc à s’attirer les foudres de ses concitoyens, des écologistes, et des aficionados des Bardenas !

 

 

 

 

Des monstres de 119 mètres de hauteur !

C’est fait !

Nous parlions déjà de cette menace en 2005 (voir "Flash infos 2005"), et c’est aujourd’hui chose faite !

En septembre dernier, de gigantesques éoliennes ont été plantées sur la marge aragonaise des Planas de la Negra, à seulement quelques centaines de mètres du Sanctuaire de Sancho Abarca.

A l’origine, ce parc éolien devait compter quatorze moulins à vent de 2,5 mégawatts chacun, ce nombre a finalement été réduit à cinq, mais l’impact visuel n’en reste pas moins déplorable.

Car avec 119 mètres de hauteur et 112 mètres d’envergure, ces éoliennes s’intègrent très mal dans le somptueux paysage de la Bardena Aragonaise.

Outre cette pollution visuelle, il faut souligner que de nombreuses espèces de rapaces sont maintenant en grand danger, et parmi celles-ci figurent les vautours fauves, nombreux et habitués des lieux (voir l’avant dernier article de cette page web).

Les aragonais, et plus largement les espagnols eux-mêmes, semblent peu préoccupés par ces "détails écologiques" ; il suffit de voir à quelle vitesse les éoliennes et les parcs solaires s’implantent dans toute la vallée de l’Ebre ! (60 parcs éoliens rien que pour la province de Saragosse, et des dizaines d’autres sont en projet !)

Les éoliennes installées sont des Vestas V112, des monstres de 119 mètres de haut et équipés de pales de 54 mètres !!!

Pour comparaison, une aile d’airbus A380 (le plus gros avion commercial au monde) ne mesure « que » 46 mètre de longueur.

La surface balayée par les trois pales d’un seul de ces moulins à vent équivaut à 9.852 m², la vitesse minimale de rotation est de 4 tours par minute, et la vitesse maximale de rotation est de 18 tours/minute !!!

Les grands rapaces, aux vols lents et circulaires, sont en grand danger !

 

 

 

Dans le cercle rouge, sur la photo de gauche, se trouve un homme à peine visible au pied d’une éolienne V112.

 

Dans le secteur de Sancho Abarca vit et nidifie une importante colonie de vautours fauves qui comprend plusieurs dizaines d’individus. On ne pouvait pas trouver plus mauvais emplacement pour un parc éolien !

Nul doute que nous parlerons à nouveau de ces éoliennes, car chez les vautours l’hécatombe se profil plus que jamais (voir l’avant dernier article de cette page web).

 

 

 

Randonneurs en détresse :

Avant-hier (samedi 09 octobre), en milieu d’après-midi, quatre randonneurs à vtt originaires de la région de Bilbao ont été surpris par des pluies torrentielles.

Les randonneurs en question, un couple accompagné de ses deux filles de 13 et 16 ans, se trouvaient dans le secteur du Rallon (Bardena Blanca) lorsque la tempête s’est abattue sur les Bardenas.

Empêtrés dans une boue lourde et collante, tiraillés par les fortes pluies et par les vents violents, et donc incapables de rejoindre leur véhicule, nos imprudents randonneurs ont dû faire appel aux services de secours grâce à leur téléphone portable.

Il aura fallu un peu plus de deux heures aux pompiers de Tudela pour les localiser et les secourir.

Ce week-end, malgré des températures agréables (24°c en milieu de journée), le temps n’était pas propice à la pratique de la randonnée : ciel nuageux, vents par rafales de 20 à 60 km/h, et fortes pluies (6,4 litres/m2 ). Les services météorologiques espagnols avaient pourtant prévu ces intempéries depuis plusieurs jours.

 

Nota : Nous entrons actuellement dans la saison humide de l’automne, pensez à consulter la météo avant de vous rendre dans les Bardenas.

 

 

« Bardena Negra », une course VTT ressuscitée :

. . . .

Il y a quelques années, des passionnés de la bourgade d’Ejea de los Caballeros (Aragon) organisaient chaque été une course VTT nommée « Bardena Negra ». Cette course vient d’être ressuscitée par le Club Cycliste Portimayor de Fustiñana (village navarrais du sud des Bardenas), mais avec des itinéraires totalement différents.

La première course VTT « Bardena Negra » a eu lieu le dimanche 19 septembre dernier.

 

 

 

 

Las Cortinas à sec !

Cet été 2010 fut particulièrement long, chaud et sec.

Certains signes ne trompent pas : à l’instar de tous les points d’eau des Bardenas, l’étang de las Cortinas est aujourd’hui complètement à sec.

Pourtant réputé « oasis des Bardenas », cet étang offre habituellement un véritable répit face à la fournaise du désert. Oiseaux aquatiques, grenouilles, poissons, insectes, ... l’étang de las Cortinas est incontestablement le site le plus riche en concentration animale durant la majeure partie de l’année.

Mais en ce mois de septembre il ne reste plus la moindre goute d’eau. Le lit de l’étang n’est plus qu’une vaste étendue sèche et craquelée. Le sol est parsemé ici et là de plusieurs centaines de cadavres d’écrevisses, et les poissons morts, nombreux il y a encore quelques semaines, ont tous servi de repas aux oiseaux et aux renards. Seuls subsistent quelques rares oiseaux aquatiques qui se cachent au cœur des roselières où règne encore un peu de fraicheur et d’humidité.

Ce spectacle de désolation n’est pas exceptionnel dans les Bardenas, les prochaines pluies d’octobre et de novembre vont à nouveau remplir cet étang et la vie retrouvera sont exubérance dès le début du prochain printemps ( une seule averse torrentielle de deux ou trois heures suffit parfois à remplir totalement ce plan d’eau ! ).

Ainsi va la nature dans ce petit désert.

 

 

Vandalisme :

La popularité grandissante des Bardenas Reales attire des visiteurs en tout genre, parmi lesquels de très détestables vandales.

Ces derniers, majoritairement espagnols, se plaisent à détruire et à taguer tous les panneaux d’informations qu’ils peuvent trouver dans les Bardenas. On peut se demander ce qui peut bien motiver de tels actes, ... quoi qu’il en soit, c’est bien l’œuvre de personnes animées par une profonde stupidité.

Ci-dessous, quelques exemples :

 
Le panneau d’information du Castildetierra est tagué de slogans antimilitaires.
 
Le panneau d’information situé à l’entrée du Parc Naturel a lui aussi été tagué, et la carte des Bardenas qui s’y trouve est régulièrement décollée (volée).

Le panneau d’entrée des Bardenas, pourtant là depuis plusieurs décennies, a été tagué de divers symboles.

Au moment où sont écrites ces quelques lignes, ce panneau peu présentable en l’état a été retiré, peut-être de façon définitive.

 

 

 

 

Partout dans les Bardenas, on trouve de nombreuses bornes dépouillées de leurs plaques signalétiques.

 

 

L'armée interdit l'accès aux Bardenas :

Jeudi dernier, le 09 septembre 2010, les militaires de la base des Bardenas ont reçu l’ordre de fermer toutes les pistes d’accès à la Blanca Baja durant un peu plus d’une heure et demi.

La raison de cette pratique aussi surprenante qu’inhabituelle est que l’armée de l’air espagnole a effectué durant ce court temps toute une série d’exercices aériens jugés à haut risque. Seule la zone de las Cortinas (Castildetierra) est restée libre d’accès.

Aujourd’hui la presse s’interroge : « En quoi consistent ces exercices aériens jugés à haut risque ? », « Quelle est la nature des armes utilisées ? » et « Quelles manœuvres les militaires ont-ils bien pu faire en si peu de temps ? ».

Comme toujours, le Ministère de la Défense se refuse à fournir la moindre explication.

 

 

Un nouveau logo :

Le site www.bardenas-reales.net ayant fait peau neuve, il lui fallait un nouveau logo.

C’est chose faite !

Le célèbre Castildetierra ne repose plus sur un fond bleu et noir, mais sur le sol sec et craquelé des Bardenas.

Ci-dessus, l'ancien logo qui date de 2004.

Et à droite, le nouveau logo du site.

 

 

Le site fait peau neuve !

La refonte totale du site www.bardenas-reales.net, en projet depuis deux ans, a été réalisée durant cet été 2010.

Fini le fond d’écran bleu et noir, le site s’affiche dorénavant dans des tons plus « couleurs locales », c'est-à-dire des couleurs rappelant la terre des Bardenas.

Pour en arriver là, le webmaster, Frédéric Moncoqut, a réalisé un travail particulièrement long et harassant, qui, contrairement aux apparences, va bien au-delà d’un simple changement de couleurs.

Car si le contenu reste quasi-identique, c’est toute la structure du site qui a été revue, corrigée et améliorée, et cela page après page sur la centaine que compte le site.

Le changement de couleurs n’est donc que la partie visible du travail qui a été accompli. L’ensemble représente environ 60 heures de travail et a été réalisé durant le seul mois de juillet 2010.

Vous pouvez, si vous le souhaitez, faire part de vos impressions (contact : bardenas-email).

Si les avis positifs l’emportent, le site demeurera ainsi. Dans les cas contraire, il est toujours possible de revenir à l’ancienne présentation.

 

En haut, le site tel qu'il était depuis 2004, et en bas dans sa nouvelle version.

 

 

Le Vedado de Eguaras s’enflamme !

Nous avons pu lire dans cette page web un article concernant le grand incendie du Castellar et des possibles conséquences qu’une telle tragédie aurait eu dans les Bardenas, nous avons aussi pris quelques nouvelles du renard de Doña Blanca qui vit dans les pinèdes du Vedado de Eguaras, ... ces deux articles étaient-ils prémonitoires ?

Nous pourrions le penser, car les mots « incendie », « pinèdes », et « Vedado de Eguaras » sont désormais étroitement liés dans un nouvel article, celui-ci :

 

Hier matin, le 09 juillet à 04h20, un incendie s’est déclaré dans les pinèdes du Vedado de Eguaras (Réserve naturelle et îlot forestier situé dans la Bardena d’el Plano).

Alerté par un agriculteur de Caparroso, les pompiers et la Guardia civil sont rapidement arrivés sur place.

Quatre casernes de pompiers ont été sollicitées (celles de Tudela, de Tafalla, de Peralta et de Pampelune), mettant ainsi en œuvre d’importants moyens tant en hommes qu'en matériel afin de lutter efficacement contre cet incendie (deux hélicoptères bombardier d’eau et quatre camions spécialisés dans les feux de forêts ont été déployés sur place).

Il est à noter que de nombreux agriculteurs provenant de Valtierra et de Caparroso ont apporté un précieux appui aux pompiers en créant des pare-feux à l’aide de leurs tracteurs.

Le feu fut totalement maitrisé vers 09h30.

A 10h30, un petit avion bombardier d’eau est arrivé en renfort en raison d’une légère reprise du feu suite à un changement de direction du vent.

A 12h00, le feu est considéré comme étant définitivement éteint. La zone resta toutefois sous surveillance durant toute la journée.

Cet incendie aura donc brulé 22 hectares de pinèdes et de maquis, ainsi que 25 hectares de champs céréaliers ; soit un total de 47 hectares sur les 500 que compte le Vedado de Eguaras.

Selon les premiers éléments de l’enquête, la foudre serait à l’origine de ce désastre écologique.

Le Vedado de Eguaras s’en sort toutefois assez bien : la répartition des pins en bosquets peu denses, en alternance avec des champs agricoles, aura empêché une propagation rapide du feu. De plus, le site est aisément accessible, on est donc loin de l’enfer du Castellar.

Un incendie dans la grande forêt de la Bardena Aragonaise, par exemple, aurait eu des conséquences bien plus dramatiques.

 

 

Des renards peu farouches :

Tout au long de l’année dernière, de nombreux randonneurs ont témoigné d’une sympathique rencontre qu’ils ont pu faire dans le Vedado de Eguaras (voir "Flash infos 2009"). Cette rencontre concerne un petit canidé connu sous le nom de "zorro del Vedado" (1) ou "zorro de Doña Blanca" (2).

Toujours là et en pleine forme, ce renard est devenu une véritable mascotte locale. Très social, il n’hésite pas à s’approcher des randonneurs et même à les suivre sur les pistes dans l'espoir de recevoir un peu de nourriture.

Les photos qui suivent ont été prises récemment par José Maria Samanes, l’un des plus fins connaisseurs des Bardenas, par un groupe de vététistes du club Patorrriillo, et par Laurent Ribas, un randonneur français passionné des lieux.

(1) Vedado de Eguaras : Réserve naturelle et îlot forestier situé dans la Bardena d’el Plano.

(2) Doña Blanca : Tour fortifiée située dans le Vedado de Eguaras.

 

Peu de gens le savent, mais le renard de Doña Blanca n’est pas un cas isolé. Un autre renard s’est fait connaitre du coté de la Pisquerra (Bardena Blanca).

On pourrait penser qu’il s’agit du même renard, mais ce n’est pas le cas, d’une part parce que la Pisquerra est beaucoup trop éloignée du Vedado de Eguaras, et d’autre part parce que la robe de notre petit canidé n’est pas la même.

Le renard de la Pisquerra ne se manifeste que rarement, il est donc peu connu, mais son comportement est en tout point semblable à celui du renard de Doña Blanca.

Les photos qui suivent sont de Fernando Ordovas, guide chez Nataven.

Nota : Laurent Ribas et Fernando Ordovas ont apporté leur témoignage dans la rubrique "Livre d’Or 7" du présent site internet.

 

 

Un petit désert vient de naître :

Les Bardenas ne sont pas qu’un désert, ceux qui connaissent le territoire et qui sont allé au-delà de la Bardena Blanca le savent bien, les Bardenas se sont aussi de vastes terres agricoles et de belles pinèdes.

Peu nombreuses, les pinèdes se situent principalement dans le Vedado de Eguaras, autour des Planas d’Alfarillo et dans les Caidas de la Negra. N’oublions pas non plus la Bardena Aragonaise, cette région frontalière si méconnue possède elle aussi une grande et sauvage forêt de pins ; cette forêt est d’ailleurs la plus vaste et la plus drue de toutes celles que l’on peut trouver dans les Bardenas, que ce soit du coté navarrais ou aragonais.

C’est donc aussi ça les Bardenas, une nature belle et diversifiée, mais cette nature n’en demeure pas moins très fragile.

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Cette fragilité a été mise en évidence durant l’été 2009 lorsqu’un grand incendie ravagea les monts du Castellar (voir "Flash infos 2009").

Le Castellar se situe à 25 kilomètres au sud-est de la Bardena Negra.

Comme les Bardenas, il s’agit d’une terre particulièrement aride, désertique en certains endroits, et qui accueillait jusqu’à il y a un an de vastes steppes ainsi que de belles pinèdes.

Le Castellar, peu connu et peu fréquenté, n’est visité de temps à autre que par les militaires de la toute proche base de San Gregorio. Et justement, ce sont ces mêmes militaires qui ont déclenché le grand incendie de 2009 en ayant eu l’imprudence d’y réaliser des exercices de tir à feux réels !

Cet incendie a brulé quelques 6.254 hectares de steppes et de pins, l’impressionnante fumée fut visible bien au-delà de Saragosse et de Tudela, et le ciel des Bardenas fut même voilé durant une journée entière.

Carte : Google / Frédéric Moncoqut

Et si une telle catastrophe devait se produire dans l’une des forêts des Bardenas ? à la suite de l’imprudence d’un touriste ou du crash d’un avion militaire, par exemple.

Les conséquences seraient assurément catastrophiques.

Pour prendre pleinement conscience de la fragilité d’un tel espace naturel, il suffit de retourner voir les monts du Castellar, un an après la tragédie.

La photo ci-dessus a été prise avant l'incendie, celle du bas a été prise cette année.

La vision fait froid dans le dos : les pins, nombreux avant l’incendie, ont laissé place à de vastes terres stériles, même la steppe n’a pas résisté à la fournaise. Les sols sont secs, poussiéreux, et totalement dénudés ; la couleur dominante est le blanc, parfois le gris ciment.

Nous avons devant nous un véritable paysage de désolation.

Nous aurions pu penser qu’après un an la nature commencerait à se régénérer, mais ce n’est pas le cas. Les pluies du printemps ont bien enlevé l’épaisse couche de cendres, mais elles ont également entamé un redoutable travail d’érosion des sols qu’aucune végétation ne peut contrarier. Car dans cette partie du Castellar, la végétation a totalement disparu ! Plus de steppes, plus de pins, tout au plus quelques troncs calcinés. Sur de rares sommets on peut encore voir des petits bosquets de chênes kermès, ce sont les seuls rescapés de l’incendie.

Et la faune ? Nombreuse et variée avant l’incendie, il n’en reste plus rien, ici règne un paysage minéral pétrifié et silencieux.

Avant, et après l'incendie.

Incontestablement, la catastrophe environnementale est grande, le Castellar a perdu sa fertilité pour de nombreuses décennies, peut-être même pour toujours.

Un petit désert vient de naître.

 

 

Plus de 1.500 vététistes à l'assaut des Bardenas !

La XIII° édition de la célèbre course VTT « Extreme Bardenas » a eu lieu le dimanche 04 juillet dernier.

Les 1.517 vététistes inscrits se sont ainsi lancés sur 109 kilomètres de pistes poussiéreuses sous un soleil implacable !

Le vainqueur termina la course en 5 heures 20 minutes, et le dernier arriva en 8 heures 11 minutes (on dénombra tout de même 145 abandons).

Cette année, la course « Extreme Bardenas » a été jugée comme étant la plus difficile de toutes.

 

 

 

 

La Bardena d’el Plano s’enflamme :

En ce début d’été, les fortes chaleurs sont déjà bien présentes et ont pour conséquence une végétation (naturelle ou agricole) particulièrement sèche, donc très inflammable.

Preuve en est, hier en fin d’après midi (23/06/10), un incendie provoqué par une moissonneuse-batteuse a brûlé cinq hectares de champs agricoles dans le secteur de Mal Paso (secteur situé à l’extrême nord-est des Bardenas, sur le plateau d’el Plano, à mi-chemin entre la Punta de Cornialto et le site d’el Paso).

Les pompiers de Tafalla sont intervenus les premiers afin de circonscrire l’incendie à l’aide de deux véhicules spécialisés, une troisième véhicule provenant de Peralta est arrivé en renfort peu de temps après.

Sous contrôle à 21h00, l’incendie n’a été définitivement éteint qu’après 21h30 grâce à l’intervention de deux hélicoptères bombardier d’eau.

 

 

Le Centre d’information touristique enfin ouvert !

Il était annoncé depuis 2007 (voir « Flash infos 2007 »), mais la crise économique mondiale a dû passer par là. En effet, les travaux ont débuté très lentement puis ils ont été stoppés durant quelques mois : en cause, l’abandon du chantier par l’entreprise qui en avait la charge.

Quoiqu’il en soit, le Centre Educatif, Touristique et de Gestion Environnementale, c’est ainsi qu’il se nomme, a enfin ouvert ses portes aux touristes au tout début de ce mois de juin.

Pour le moment le Centre est pratiquement vide et n’offre que peu de services, mais à terme il devrait y avoir une petite exposition permanente sur la faune, la flore, et d’autres aspects des Bardenas, ainsi que la mise à disposition de divers dépliants touristiques.

Avec ses 60 m², la zone d’accueil des touristes n’occupe qu’une petite partie d’un bâtiment qui s’étale sur 1.000 m². Le Centre disposera ainsi de quelques bureaux, d’un entrepôt de stockage, et des pièces de vie destinées aux gardes du Parc Naturel ainsi qu’aux scientifiques de passage.

Heures d’ouverture au public :

- Juillet et août, de 09h00 à 14h00 et de 17h00 à 20h00.

- Du 01 septembre au 15 décembre, de 10h00 à 18h00.

- Le reste de l’année, horaires non fixés à ce jour.

 

 

"Bombardenas Reales" :

La XXIII° marche anti-polygone de tir a eu lieu le dimanche 06 juin dernier en fin de matinée.

Cette manifestation a rassemblé un peu plus de 400 personnes qui, parties à pied du lieu-dit Los Aguilares, se sont réunies devant l’entrée de la base militaire sous l'étroite surveillance de la Guardia Civil (Gendarmerie espagnole).

Outre la demande du démantèlement des installations militaires, les manifestants ont exigé cette année l’arrêt immédiat des vols et bombardements nocturnes qui semblent devenus coutumiers.

Il a également été exigé que cessent les vols rasants ( à 150 mètres d’altitude !!! ) au-dessus de certains villages aragonais tels que Pinsoro et Valareña.

 

 

Amis motards, soyez prudents !

Hier à 10h40 (samedi 08 mai), un motocycliste hollandais de 32 ans a fait une chute grave lors d’une visite des Bardenas Reales.

Alertées par ses compagnons de voyages, du groupe « Yamaha Motor Europe », une ambulance ainsi qu'une patrouille de la Police provinciale de Tudela sont arrivées sur place en fin de matinée. Le blessé a ensuite été conduit à l’hôpital Reina Sofia de Tudela où son état a été jugé très préoccupant (traumatisme crânien, jambe cassée, multiples contusions, etc).

 

Ce genre d'accident est bien plus fréquent qu'on ne le pense, chaque année un petit nombre de motocyclistes et de vététistes voient ainsi leur visite des Bardenas se conclure prématurément par un séjour à l'hôpital.

 

Que vous soyez à moto ou à vtt, soyez prudents, ne jouez pas les casse-cous sur les pistes des Bardenas. Et ne perdez pas de vue que si vous vous blessez dans une zone interdite d'accès aux deux roues, les secours auront beaucoup de mal à vous localiser et de probables difficultés à vous prendre en charge, ... sans oublier que vous devrez payer une belle amende pour le non respect de la réglementation touristique en vigueur dans le Parc Naturel des Bardenas Reales.

 

 

Frio-frio ...

 

La fin avril a été exceptionnellement chaude avec des températures flirtant fréquemment avec les 30°c, mais ce climat quasi-estival ne fut que de courte durée.

En effet, en l’espace d’une petite semaine nous avons assisté à une chute vertigineuse des températures ainsi qu’à une impressionnante dégradation du temps : la grisaille a envahi le ciel, le vent s’est levé, la pluie est tombée, et un froid glacial s’est installé dans toutes la région.

La journée d’hier, le 04 mai, fut même la plus froide enregistrée dans les Bardenas depuis plus d’un siècle (record de froid pour un mois de mai).

 

Voici ci-dessous ce que relevèrent deux stations météos situées dans les Bardenas :

 

Station de la Blanca Baja (située au cœur des Bardenas Reales, à 301 mètres d’altitude) :

Le 04 mai, ciel très nuageux, mais non pluvieux.

Les températures n’ont pas dépassé les 7°c sous abri.

Le vent a soufflé de façon constante entre 40 et 50 km/h, avec des pointes à 60 km/h en milieu de journée.

Les rafales de vent, particulièrement fortes, ont atteint des vitesses supérieures à 60 km/h, avec des pointes à 89 km/h en milieu de journée.

   

Station de Loma negra (située sur les Planas de la Negra, à 647 mètres d’altitude) :

Le 04 mai, ciel très nuageux, mais non pluvieux.

Les températures n’ont pas dépassé les 5°c sous abri.

Le vent a soufflé de façon constante entre 80 et 90 km/h, avec des pointes à 113 km/h en milieu de journée.

Les rafales de vent, exceptionnellement fortes, ont atteint des vitesses supérieures à 90 km/h, avec des pointes à 133 km/h en milieu de journée.

 

Il est à noté qu’avec ces forts vents, les températures hors abri sont bien inférieures à celles relevées sous abri (d'environ dix à quinze degrés). Ainsi, lorsque la station de Loma Negra relève 5°c sous abri, la sensation thermique ressentie en plein vent se situe entre -5°c et –10°c !!!
Un promeneur serait donc exposé à une température négative, ainsi qu'à des vents d'une extrême violence ; mauvais jour pour entamer une randonnée.

 

Pour consulter les prévisions météo à Arguedas (Bardenas Reales), cliquez ici.

 

Nuages, vent, pluie et froid, ...  et dire qu’il y a quelques jours c’était ciel bleu sans nuages et 30°c à l’ombre !

 

 

" Bardenas-reales.net " passe le cap des 50.000 visiteurs :

50.000 visiteurs, cela peut paraître modeste mais ce chiffre n’en demeure pas moins important si l’on tient compte du fait que les Bardenas sont encore peu connues du tourisme.

Il aura fallu trois ans à "bardenas-reales.net" pour atteindre 10.000 visiteurs (de novembre 2004 à octobre 2007), puis seulement deux ans et demi pour passer le cap des 50.000 visiteurs (avril 2010).

Durant la première année, il n’était comptabilisé pas plus de 50 visiteurs/mois, les deux années suivantes accueillirent environ 400 visiteurs/mois, et aujourd’hui le site est visité par 700 à 2.000 personnes chaque mois (chiffre variable selon les saisons).

Les visiteurs de "bardenas-reales.net" ont des origines variées : les français sont majoritaires, viennent ensuite les espagnols, les allemands et les américains.

Nota : Chaque visiteur n'est compté qu'une seule fois par période de 24 heures.

 

 

La Bardena Verde :

Comme au printemps de chaque année, le cœur des Bardenas ne mérite plus son surnom de "Bardena Blanca", ... car la blancheur éclatante de ses sols s’est couverte d’un vaste et somptueux manteau de verdure.

Profitez de cette scène féerique, dès juin la sécheresse reprendra ses droits et le paysage sera tout autre.

 

 

Du glamour dans les Bardenas :

Avec ses paysages exotiques et surréalistes, le désert des Bardenas commence à séduire les photographes de mode et de charme.

Le photographe espagnol Hector Pastor Fernandez vous présente dans un petit diaporama tout une série de photographies sexy réalisées dans le secteur de las Cortinas, avec comme model la belle Diamela Arias.

Des photos comme on aimerait en voir plus souvent.

 

 

 

Les enfers se déchaînent dans les Bardenas !

Petit flash-back sur la plus importante opération de bombardement qu’ait connu le polygone militaire des Bardenas.

Cette opération, nommée « Operacion Cetreria » (Opération Fauconnerie), s’est déroulée le mercredi 24 avril 1963 en la présence de nombreux hauts gradés de l’armée espagnole et du vice-président du gouvernement le Capitaine Général Muñoz Grandes.

Durant un peu plus de deux heures, pas moins de 55 avions de combat exécutèrent toute une série d’exercices tactiques avec tirs et bombardements à feu réel. La zone de manœuvre, très vaste, formait un quadrilatéral délimité par les villes de Bermeo, Miranda de Ebro, Tudela et Isaba ; mais la zone de tir et de bombardement se situait exclusivement dans les Bardenas Reales.

Ce jour là, donc, ce sont 13.670 bombes qui furent larguées au cœur des Bardenas !!!

13.670 bombes en à peine plus de deux heures !!! Cela équivaut à près de 100 explosions par minute !!!

On a peine à s’imaginer le spectacle : un feu d’artifice ininterrompu de deux heures durant lesquelles se succédèrent sans interruption les rugissements des avions à réaction et le fracas assourdissant des explosions. L’évènement fut si spectaculaire qu’il fit la une de toute la presse espagnole.

Il y eut par la suite d’autres opérations militaires de grande envergure (voir « Flash infos 2006 »), mais jamais les Bardenas ne connurent une telle démonstration de force en un temps aussi réduit.

 

Dans les Bardenas comme dans les villages proches, l’atmosphère devait être très poussiéreuse en raison des tonnes de terres projetées dans les airs par les explosions.

 

 

Les Bardenas prennent les airs :

La compagnie aérienne espagnole Iberia possède un Airbus A-320 portant le nom « Bardenas Reales ». Cet avion, d’une capacité de 126 passagers, est utilisé pour des vols commerciaux nationaux et européens.

Le souhait d’Iberia était de baptiser l’un de ses appareils du nom d’un site naturel et touristique situé en Navarre. Le choix se fit tout naturellement pour le site le plus réputé de la région : les Bardenas Reales.

 

 

Le souffle glacial du désert :

 

L’hiver 2009/2010 semble plus long et bien plus froid que d’accoutumé.

 

A seulement dix jours du printemps, les températures restent très en dessous de la moyenne saisonnière : pour preuve, à l’instant où ces quelques lignes sont écrites, il ne fait pas plus de -8°c dans les Bardenas.

Oui, vous avez bien lu, moins huit degrés !

 

La raison de cette température anormalement basse ? Le Cierzo, un vent qui souffle des jours durant par rafales à plus de 70 km/h ; ce vent accentue considérablement le froid alors que sous abri la température actuelle est de +7°c.

 

 

 

Vols nocturnes et feux réels :

Décidément, l’armée espagnole ne fait rien pour se faire apprécier de la population navarraise et aragonaise vivant autour des Bardenas.

Après l’annonce du maintien du champ de tir jusqu’en 2028, et après le crash d’un avion F-18 dans la Bardena del Plano (hors zone militaire), le ministère de la défense reconnait que des exercices aériens nocturnes sont dorénavant coutumiers dans les Bardenas.

Hors, il s’avère que les vols et entrainements au combat de nuit sont théoriquement interdits dans les Bardenas Reales.

Selon l’armée, les méthodes de combat en zone de guerre ont changé : les bombardements de nuit sont devenus la règle et les pilotes espagnols doivent s’y entrainer.

Ainsi, depuis le début de l’année, les autochtones ont pu constater que les exercices aériens ont augmenté de façon très significative et qu’ils sont bien plus fréquents de nuit que de jour. Autre constatation, les entrainements nocturnes sont actuellement réalisés à feu réel ! (bombes, missiles air-sol, etc) Ceci a été reconnu avec un certain embarras par le ministère de la défense.

Signalons qu’avec sa mauvaise foi habituelle, l’armée de l’air espagnole a déclaré que le champ de tir des Bardenas Reales est un lieu idéal pour effectuer des entrainements à feu réel car aucune urbanisation ne se trouve à moins de 20 kilomètres à la ronde. Rappelons qu’Arguedas se trouve à 9 km, Valtierra à 10 km, Valareña à 10 km, et Pinsoro à seulement 6 km (les deux premiers villages se situent à l’ouest, en Navarre, et les deux autres à l’est, en Aragon).

 

 

Un puissant symbole :

Le Castildetierra (ou Castildeterra) est le monument naturel le plus représentatif du désert des Bardenas Reales.

Cette imposante cheminée de fée, avec sa silhouette si caractéristique, est devenue le symbole de toute une région au point de figurer sur les logos de nombreuses entreprises, commerces et associations locales.

Voici ci-dessous quelques exemples :

 

 

 

Les disparitions se poursuivent :

 

Il semblerait que les Bardenas Reales soient devenues une terre maudite pour les chasseurs.

En effet, en cette fin janvier 2010, la Guardia Civil vient d’annoncer la disparition de quatre nouveaux chiens de chasse (voir article plus bas).

Deux de ces chiens appartiennent à un français venu ici chasser le sanglier, le troisième appartient à un chasseur domicilié à Caparroso, et le quatrième à un habitant de Funes.

Le chasseur de Caparroso témoigne : « Nous avons cherché dans tout notre secteur de chasse et même au-delà, mais nous n’avons rien trouvé ! », puis il conclue « Je suis certain qu’ils ont été volés pour être revendus ! ».

En moins de deux mois, ce sont donc neuf chiens qui ont disparu dans les Bardenas. Si l’égarement semblait la thèse la plus probable il y a encore quelques jours, les enquêteurs s’orientent désormais vers le vol.

Face aux chasseurs qui se lamentent de la perte de leurs chiens, certains déclarent assez justement que l’on a un peu trop tendance à oublier qu’en période de chasse se sont plusieurs dizaines de lapins et cinq ou six sangliers qui disparaissent chaque semaine sous les coups de fusils des chasseurs, ...  Vu sous cette angle, la disparition de quelques chiens peut effectivement faire sourire les partisans de l’interdiction de la chasse.

 

 

Kidnappés par des sangliers ?

Un chasseur résidant à Pampelune a signalé à la Guardia Civil (Gendarmerie espagnole) la disparition de ses trois chiens dans le nord-est des Bardenas Reales.

L’incident a eu lieu début janvier : habitués à chasser avec des amis dans le secteur de Sadaba (Aragon) l’homme et ses chiens suivaient des traces de sangliers qui les conduisirent jusque dans les Bardenas. Là, loin devant leur maitre et hors de vue, les chiens disparurent et ne répondirent plus aux appels.

Le chasseur déclare : « J’ai passé toute la journée à les chercher, j’ai laissé quelques-uns de mes vêtements imprégnés de mon odeur sur deux sites différents pour les attirer, j’ai même laissé sur place la remorque qui sert habituellement à les transporter. J’ai parcouru tout ce secteur des Bardenas, j’ai parlé aux militaires du polygone de tir, j’ai alerté les Gardes du Parc Naturel, des affiches ont été collées ici et là, … mais rien ! » et il conclue « Ce n’est pas la perte financière qui m’importe, mais l’attachement que j’avais pour mes chiens ».

Il est à noter que le mois précédant, en décembre 2009, un autre chasseur de Pampelune a également perdu deux de ses chiens dans les Bardenas au cours d’une battue au sanglier.

L’hypothèse du vol ne peut être exclue, ces chiens sont particulièrement dociles et habitués à être utilisés à la chasse par de nombreuses personnes, et le vol de chiens entre chasseurs n’est pas rare. Mais dans le cas présent l’égarement reste l’hypothèse la plus probable.

Ces chiens portent un badge sur lequel sont notées les coordonnées de leur propriétaire.

Email : carlosrever@hotmail.com

Téléphone : 00 34 630 544 640

 

Se han perdido estos tres perros en las Bardenas reales. Zona coolindante entre Aragon y Navarra. Los perros llevan microchip y collar con telefono de contacto. Se ruega a quien tenga informacion ponerse en contacto con nosotros. Se gratificara su encuentro. 

carlosrever@hotmail.com  Telefono : 630 544 640

 

 

 

Des Bardenas horribles ?

Lieu réputé pour la beauté singulière de ses paysages, le désert des Bardenas attire chaque année plusieurs milliers de touristes en quête d’exotisme et d’émerveillement.

Cette popularité est toutefois assez récente, les Bardenas ne se sont révélées au tourisme qu’au milieu des années 1990. Auparavant, cette terre aride n’intéressait personne et était même fortement mésestimée par les autochtones.

Justin Cenac-Moncaut, un écrivain français du milieu du 19° siècle, témoigne dans l’un de ses livres de sa vision des Bardenas. L’auteur n’est pas tendre avec notre désert, il le qualifie à plusieurs reprises et avec insistance de laid, horrible, stérile, hideux, … mais à bien y réfléchir cela n’est guère surprenant.

Les Bardenas étaient autrefois très inhospitalières, plus arides, plus sauvages et plus inaccessibles que de nos jours, … cette terre était un « no man’s land » où il était très facile de se perdre, et d’y mourir. Les espagnols eux-mêmes ne voyaient dans les Bardenas qu’une contrée poussiéreuse, vide, dangereuse et inexploitable, donc une terre à éviter. Aussi, il est très probable que notre écrivain n’ai jamais été conduit par ses guides jusqu’au cœur du désert pour en apprécier sa beauté.

Les Bardenas ne sont pas horribles, nous le savons bien aujourd’hui, mais il est assez intéressant, voire même amusant, de lire le témoignage de ce voyageur français du 19° siècle.

 

Voici ce que Justin Cenac-Moncaut écrivit dans son livre :

« Les riches territoires de Tafalla et d’Olite sont séparés de la province d’Aragon à l’est, et de l’Ebre au sud, par les horribles solitudes des Bardenas. On aurait de la peine à se faire une idée de la laideur monotone de ces plaines stériles. On dirait que l’Espagne, dans sa manie de tout emprunter aux Arabes, leur a dérobé un coin des déserts de l’Atlas… Que l’on se figure les landes de Bordeaux, dépouillées d’arbres par un vaste incendie, et ne montrant plus que des herbes brûlées, de la terre calcinée par les flammes. Les coteaux sont des monceaux de cendres, ravinés par la pluie ; ils n’ont pas même quelques aspérités de roc, pour les retenir et leur servir de charpente. La Thébaïde devait être un séjour privilégié auprès de celui des Bardenas. Le peintre réaliste qui voudra se donner le plaisir de reproduire ce passage, n’aura pas besoin de quitter son atelier ; qu’il délaye de la poussière ou de la cendre dans un baquet, qu’il y trempe un balai, qu’il lave la toile : il aura une vue des Bardenas du coloris le plus exact… Caparroso, bourg hideux, placé sur les limites de ce désert horrible, est le type de la détresse, de l’incurie et du laid ; croirait-on que la junte locale, toute fière de l’église renaissance qu’elle s’est donnée, il y a cent ans, a fait abattre la toiture et les voûtes d’une assez belle église gothique, très fièrement plantée sur la montagne, pour transformer l’intérieur des nefs en cimetière ?… »

« Malgré l’horreur des ces plateaux brûlés, les moines, ces grands défricheurs du sol, essayèrent, à la fin du moyen âge, d’y fonder un établissement ; ils parvinrent à créer des champs, quelques vignes et de grandes bergeries. ...  »

« On y voit que des troupeaux de moutons de passage, avec leurs bergers à moitié sauvages, et leurs chiens qui le sont tout à fait. En montant la côte de Nuestra-Señora de Yugo, notre conducteur et le postillon étaient descendus. Deux chiens les avisent et courent sur eux, avec une si belle envie de mordre, que nos hommes, loin de faire résistance, prennent la course, épouvantés, et se réfugièrent sur la diligence. »

« On a le droit de se demander où sont les rivières en Espagne, et ce que deviennent les neiges qui tombent sur les Pyrénées… A la place des nombreux et limpides torrents qui descendent avec tant de bruit des Pyrénées Françaises, vous ne voyez, sur le versant espagnol, que de maigres et rares filets d’eau blanchâtre appelés l’Arga, l’Irati, le Salazar, l’Aragon, la Sègre. Après Caparroso, vous traversez une vallée de deux kilomètres de largeur. Elle avait droit à un cours d’eau. La nature ne lui accorde qu’un filet, digne d’une borne-fontaine. Aussi, de quoi se compose le sol ? D’une couche de sable et de gravier. Pas un brin d’herbe ne s’aventure dans cette désolation. Le regard, stupéfait, suit cette image de stérilité aussi loin qu’il peut s’étendre. »

Ces extraits sont tirés du livre « L’Espagne inconnue, voyage dans les Pyrénées de Barcelone à Tolosa », par Justin Cenac-Moncaut (année 1861).

 

 

Les sérials killers du ciel :

Depuis une dizaine d’années, les gouvernements de Navarre et d’Aragon multiplient leurs efforts dans la production d’énergies « propres », c'est-à-dire non polluantes.

Le vent et l’ensoleillement sont les deux grandes richesses énergétiques locales, elles ont l’avantage d’être abondantes, inépuisables et surtout très aisées à exploiter.

Ainsi, sont apparus tout autour des Bardenas Reales de nombreux parcs éoliens et solaires.

 

D’abord plébiscités par tous, écologistes inclus, ces nouvelles techniques de production d’électricité commencent toutefois à poser quelques problèmes ; et ces problèmes ne sont pas particulièrement « écolos ».

Les parcs solaires, pour commencer, s’étendent sur de très vastes superficies où rien ne doit y pousser, pas même la steppe. Ce sont là des petits déserts vides de toute vie végétale ou animale.

Et en ce qui concerne les éoliennes, deux problèmes se posent : le premier est évident, ces gigantesques moulins à vent (78 mètres de haut) ont un impact visuel très néfaste dans le paysage (on peut véritablement parler de pollution visuelle).

Le deuxième problème est pour le moins très inattendu : avec leurs hélices de 45 mètres d’envergure, les éoliennes sont devenues de véritables sérials killers du ciel en fauchant tout oiseau qui passe à proximité.

 

 

 

A droite : une vidéo qui fait scandale.

 

 

On trouve de nombreux parcs éoliens dans toute la périphérie des Bardenas Reales, et il suffit de les visiter de temps à autre pour prendre conscience du problème :

Frédéric Moncoqut découvre une victime des éoliennes.

 

Les oiseaux fauchés dans les airs sont principalement des rapaces aux vols lents et circulaires (vautours, aigles, etc).

 

 

Record de fréquentation touristique :

Les chiffres viennent de tomber : selon les estimations, ce sont environ 53.000 touristes qui ont visité les Bardenas Reales durant l’année 2009 (majoritairement français et espagnols). Une année record pour notre petit désert de Navarre.

Mais avec une telle fréquentation, peut-on encore parler de désert ?

 

 

 

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