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..............Année 2008

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Une chute qui peut couter cher :

Le 18 octobre dernier, un motocycliste espagnol a fait une chute grave dans la zone de la Landazuria (Bardena del Plano).

L’accidenté, un homme âgé de 33 ans et pilotant une Suzuki DR 600, était accompagné de trois amis qui conduisaient des quads. Selon les informations recueillies par la Police Provinciale de Navarre, le pilote serait violemment tombé au sol face contre terre (blessure sérieuse à la tête et divers ecchymoses au visage).

Une ambulance venue en urgence sur place a permis de réaliser les premiers soins, mais compte tenu de la configuration des lieux les motards de la Police Provinciale ont fait appel à un hélicoptère pour transporter le blessé vers l’hôpital le plus proche.

Notons que cet accident a eu lieu dans une zone interdite d’accès aux véhicules motorisés, et pour avoir fait déplacer la Police, une ambulance et un hélicoptère, il est fort à parier que notre imprudent motocycliste paiera très cher son non-respect de la signalisation des pistes.

 

 

Les déserts d’Ulysse :

La revue Ulysse, éditée par Courrier International, présente pour le mois d’octobre un très intéressant numéro « Spécial déserts ».

Ulysse vous invite à découvrir à travers les cinq continents des déserts insolites, mythiques ou méconnus, depuis les dunes de sable blond du Sahara aux terres lunaires et inhospitalières de Chine, en passant par les plaines désertiques de Namibie, sans oublier les rares déserts d'Europe ...

Bien entendu, quelques pages de ce magazine ont été consacrées aux Bardenas Reales. Un reportage écrit avec la contribution de Frédéric Moncoqut.

n°127, octobre 2008

 

 

L’escalier de La Pisquerra nécessite une urgente restauration :

Erodé à l’extrême, le massif de La Pisquerra offre incontestablement au regard l’un des plus fantastiques paysages des Bardenas.

La seule et unique voie pratique permettant de se rendre au coeur de La Pisquerra est un escalier fait de béton. Hors, cet escalier est victime de l’érosion.

En effet, sur environ 200 marches, un bon tiers s’avère totalement inutilisable ! Les randonneurs se voient donc contraints à un jeu d’équilibrisme assez délicat, voire même périlleux s’ils sont accompagnés d’enfants.

Accéder à La Pisquerra reste encore possible (pour combien de temps ?), mais la prudence s’impose.

 

 

 

 

 

 

Cet escalier fut construit par l’armée il y a plusieurs décennies, il permettait aux militaires de se rendre à un poste d’observation (aujourd’hui inutilisé) dominant le polygone de tir.

 

 

Red Bull indésirable dans les Bardenas :

La célèbre boisson énergisante Red Bull a manifesté le désir d’organiser dans les Bardenas un championnat international de courses et d’acrobaties aériennes connu sous le nom de « Red Bull Air Race World Series ».

Selon les organisateurs, ce championnat était programmé pour début octobre dans la Blanca Baja, là où se situe le champ de tir et de bombardement, sous réserve que le ministère de la défense donne son accord.

Un temps séduit par la proposition, le gouvernement de Navarre vient d’annoncer que les Bardenas Reales ne sont pas compatibles avec un tel spectacle.

Les raisons sont principalement écologiques : les Bardenas Reales sont un Parque Naturel, une Réserve de Biosphère, et une ZEPA (1) ; hors, une « Red Bull Air Race World Series » nécessite une très vaste zone destinée à l’accueil et au confort des spectateurs (parkings, toilettes, restaurations, magasins de souvenirs, etc) et demande une logistique considérable comprenant plusieurs ambulances, des équipes de pompiers, des policiers, un hélicoptère, etc.

Chaque « Red Bull Air Race World Series » rassemble sur place plusieurs centaines de milliers de spectateurs (600.000 pour Budapest, en Hongrie), on imagine mal une telle foule prendre possession d’un lieu aussi calme et silencieux que le sont les Bardenas Reales.

(1) Une ZEPA est une Zone de Protection pour les Rapaces et les Oiseaux des Steppes.

 

 

Exposition Internationale de Saragosse :

L'Exposition Internationale 2008 se tiend cette année à Saragosse en Espagne (à une soixantaine de kilomètres des Bardenas) et sera ouverte du 14 juin au 14 septembre 2008.

Profitez de cette occasion pour visiter la ville et ses environs, avec le guide « Aragon de l'Ebre au Mont-Perdu » (voir page « Livres et guides » dans le présent site internet).

 

 

XI° Extreme Bardenas :

La plus célèbre course VTT des Bardenas, nommée « Extreme-Bardenas », s'est déroulée le dimanche 29 juin.

Cette année, les participants ont eu à parcourir pas moins de 115 km ( !!! ) de pistes poussiéreuses sous un soleil implacable.

 

 

¡ Unas Bardenas para la Paz !

La XXI ° marche anti-polygone de tir (01 juin 2008) a mobilisé un peu plus de 700 personnes qui, parties à pied du lieu-dit Los Aguilares, se sont réunies devant l'entrée de la base militaire sous la surveillance de plusieurs Gardes Civils. Le slogan de cette marche fut : « Unas Bardenas para la paz ! » ( Des Bardenas pour la paix ! ).

Comme chaque année, cette manifestation s’est conclue par une agape prés de l’ermitage de la Virgen del Yugo (El Plano).

Il est a noter que cette marche ne s’est pas déroulée sans incident : alors que les manifestants quittaient les lieux pour se rendre à El Yugo, quelques jeunes gens sont restés sur place, devant l’entrée de la base militaire, et auraient eut une sérieuse altercation avec les Gardes Civils (Gendarmes espagnols). Deux de ces jeunes ont été interpellés puis conduits à la caserne de Valtierra ; ces derniers attendent aujourd’hui une Citation à Comparaître pour « Grave désobéissance à l’autorité ».

 

 

Départ des militaires fin 2008 ? C’est pas gagné !

Le Ministère de la Défense Espagnol peine à trouver un territoire susceptible de remplacer le polygone de tir des Bardenas Reales.

Il semble aujourd’hui de plus en plus improbable que notre désert navarrais soit libéré cette année du joug militaire.

Pour preuve, le gouvernement espagnol a récemment déclaré le Polygone de tir des Bardenas Reales « Zone d’Intérêt pour la Défense Nationale ». Ce nouveau statut peut, le cas échéant, permettre au Gouvernement Espagnol l’expropriation pure et simple des 2.200 hectares du polygone de tir des Bardenas, ... à priori sans aucun recours possible.

La base militaire "Los Tres Hermanos", au coeur des Bardenas Reales.

 

 

Un site de grande valeur pour l’armée, une histoire de gros sous pour les élus :

Nombreux sont ceux qui avouent leur pessimisme tant qu'au démantèlement du polygone militaire, prévu fin 2008.

En effet, le site est trop exceptionnel pour penser sérieusement que les militaires puissent le quitter un jour : le territoire est très vaste, désertique, et les conditions météorologiques sont globalement excellentes (il s'agit de l'une des régions les plus ensoleillées de la péninsule ibérique). De plus, il n'existe aucun autre champ de tir aérien en Espagne, et celui des Bardenas Reales est l'un des meilleurs dont l'OTAN puisse disposer en Europe. Autre atout d'importance : la proximité de la Base de San Gregorio (située au pied des Mont Castejon, entre Saragosse et les Bardenas) et de la Base Aérienne de Saragosse.

De plus, la présence des militaires dans les Bardenas a engendré une histoire de gros sous : la Comunidad de Bardenas Reales ainsi que les communes navarraises qui y sont rattachées reçoivent chaque année une importante compensation financière pour la location à l’armée du polygone de tir. A ce jour, seul Tudela s’est officiellement opposé au renouvellement du contrat avec l’armée, les autres municipalités attendent des indications de leurs groupes politiques.

En Aragon, pourtant plus proche du champ de tir que n’importe quel village navarrais, aucune commune ne reçoit d’indemnités de quelque nature que ce soit ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle de nombreux élus aragonais réclament en compensation de cette injustice la construction d’une autoroute entre Ejea et Tudela.

 

 

L’autoroute des Bardenas, l’Aragon insiste !

Nous l’avons déjà vu dans « Flash infos 2006 », les institutions de la contrée des Cinco Villas (Aragon) ainsi que de nombreux chefs d'entreprises ont demandé la transformation de l'actuelle route NA125-A125 en autoroute.

Cette route relie la ville de Tudela (Navarre) à celle d'Ejea de los Caballeros (Aragon), distantes l’une de l’autre de quarante kilomètres. Elle a la particularité de traverser toute la partie nord de la Bardena Negra en suivant le cours du barranco de Tudela.

En 2006, les motivations des élus aragonais étaient purement économiques.

Aujourd’hui cela semble avoir changé : le président de la Députation Provinciale de Saragosse et le maire d'Ejea de los Caballeros demandent à nouveau que la route NA125-A125 soit transformée en autoroute (ou en voie rapide) mais cette fois en compensation des désagréments occasionnés par les militaires dans le secteur !

Il est ainsi rappelé que les avions de chasse opérant dans les Bardenas (donc en Navarre) font régulièrement des vols rasants au-dessus de la contrée aragonaise et que le rugissement des réacteurs est une gêne réelle, presque quotidienne. Bien entendu, il est également mis en avant les risques permanents d’accidents tel que celui du 14 mars 2000 (voir « Flash infos 2004 ») où deux avions F-18 se sont écrasés à seulement un kilomètre d’Ejea de los Caballeros !

A ce jour, la Navarre ne donne toujours pas d’avis favorable à la construction de cette autoroute (ou voie rapide). Il est à espérer qu’elle persistera dans ce refus car rappelons-le, les Bardenas Reales bénéficient du statut de Parc Naturel, de Réserve de Biosphère auprès de l'UNESCO et de ZEPA (zone spéciale de protection des rapaces et des oiseaux des steppes).

Une autoroute traversant un territoire jouissant de telles mesures de protections serait une véritable aberration !!!

 

 

Las Vegas s’installe dans le désert des Monegros !!!

Coté désagrément, les Bardenas Reales ont le polygone de tir et de bombardement, et les Monegros vont avoir « Gran Scala » !!!

En effet, la tranquillité du désert des Monegros (Aragon) va bientôt être troublée par la construction d’un véritable Las Vegas européen, un projet monumental de 17 milliards d’euros, provisoirement baptisé « Gran Scala ».

Il est ainsi prévu de construire de toute pièce une ville-loisirs vaste de 2.025 hectares, soit un carré de 4,5 km de côté ! Il s’agira d’un énorme complexe comportant pas moins de 32 hôtels-casinos, de 250 magasins, des cinémas, des parcs d’attractions, un golf, un hippodrome, un centre de congrès, une salle d’opéra, des musées, des quartiers résidentiels, etc.
Le consortium d’investisseurs International « Leisure Development », basé au Royaume-Uni et promoteur du projet, prévoit à terme 25 millions de visiteurs par an pour une capacité de 35 millions de visiteurs !!!

« Gran Scala » ayant obtenu le feu vert du gouvernement régional d’Aragon, la première pierre de ce Las Vegas européen devrait être posée avant la fin 2008 (les travaux dureront plus de dix ans).

La construction de « Gran Scala » pourrait toutefois connaître de sérieux retards : en effet, le projet pose de nombreux problèmes écologiques, notamment en ce qui concerne les espèces animales et végétales endémiques aux Monegros, ainsi qu’en ce qui concerne l’approvisionnement en eau dans cette région connue pour son aridité.

 

 
Déjà, les opposants à « Gran Scala » s'organisent.
 
Pour plus d’informations, vous pouvez visiter le site « Gran Scala ».
 

 

 

La Mecque du Paramoteur :

Petite randonnée aérienne en paramoteur au-dessus des Bardenas, une nouvelle façon de découvrir la région avec des photos à couper le souffle !!!

Reportage photo 1

Reportage photo 2

Une vidéo.

 

 

Aragon, de l'Ebre au Mont-Perdu :

Déjà connu pour ses livres sur les Bardenas Reales, Frédéric Moncoqut vient de sortir un guide très complet de la région nord-aragonaise (Haut-Aragon et vallée de l'Ebre).

Hautes et moyennes montagnes au nord, plaines steppiques et "déserts" au sud, cette belle et vaste région est réputée pour sa nature sauvage, captivante, parfois insolite et bien souvent spectaculaire. Aussi extraordinaire soit-il, ce patrimoine naturel est pourtant loin d’être l’unique richesse aragonaise, l’autre attrait de la région étant la culture, admirablement représentée à travers un héritage historique et architectural que l’on peut sans conteste qualifié d’exceptionnel.

La gigantesque vallée de l'Ebre (province de Saragosse) occupe un important chapitre dans ce guide ; en effet, cette terre sèche et caniculaire partage le même espace géographique et géologique que les Bardenas Reales (Navarre). C'est d'ailleurs dans ces contrées que se trouve un autre "désert" espagnol connu sous le nom de Monegros.

Vous pouvez commander ce guide chez : Mollat Alapage Amazon La Fnac

 

 

 

 

 

Un guide de Frédéric Moncoqut (Editions Cairn)

 

240 pages

81 photographies

12 plans

200 sites décrits

format 11 x 22 cm

Prix : 10,04 €

 

 

Sanchicorrota, le bandit des Bardenas :

Sancho Rota, plus connu sous son nom de guerre de Sanchicorrota, est le personnage le plus atypique que les Bardenas aient connu.

Durant le XV° siècle, les Bardenas Reales étaient devenues la terre d’asile des bandits de grands chemins, des voleurs de bétail, des échappés de justice et des vagabonds. Souvent unifiés en bande, ils se cachaient dans les boisements et au fond des ravins.

Bandit hors norme et chef d’une trentaine d’hommes, Sanchicorrota fit des Bardenas son territoire. Craint et respecté par la population, il était cruel avec ceux qui lui résistaient, mais généreux envers ceux qui se rendaient à lui.

Aujourd’hui cinq siècles sont passés, mais ce « Robin des bois » local est encore bien présent dans la mémoire collective des navarrais du sud. Pour preuve, ne dit-on pas toujours : Sanchicorrota ? il prenait aux riches pour donner aux pauvres !

Kepa Arburua Olaizola, un basque franco navarrais, vient du publier un roman-historique particulièrement exhaustif qui relate les aventures de ce fameux bandit : « Sanchicorrota, le bandit des Bardenas » (cet ouvrage de 247 pages existe en deux versions, française et espagnole).

Pour reconstituer l’histoire étonnante de Sanchicorrota, l’auteur compulsa durant trois années de nombreux documents officiels dans les archives de Tudela et de Pampelune, ainsi que les récits d’historiens du Moyen Age.

C’est qu’à la différence de Robin des bois, qui n’est qu’une légende, Sanchicorrota a réellement existé !

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« Sanchicorrota, le bandit des Bardenas »

L’auteur édite et distribue lui-même son livre ( prix: 20 € dédicace et livraison comprises ).

Après réception du paiement par chèque, il se fera un plaisir de vous envoyer un livre dédicacé au nom que vous voudrez bien lui communiquer.

Adresse postale : Kepa Arburua Olaizola, 3 rue Lehena, 64500 Ciboure

E-mail : Olaizolakepa@aol.com

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Nota : Quelques anecdotes sur la vie de Sanchicorrota figurent également dans les livres « Le désert des Bardenas Reales et sa région » et « Bardenas Reales, terre insolite ».

 

 

Le percnoptère d'Égypte va-t-il disparaître des Bardenas ?

Le vautour percnoptère, également appelé percnoptère d'Égypte bien qu’il soit présent dans tout le bassin méditerranéen, connaît depuis quelques années un déclin alarmant de ses effectifs.

Selon les recensements, il y avait 56 couples reproducteurs dans les Bardenas en 1989 alors qu’il n’en reste que 26 aujourd’hui. Cette population de percnoptère était considérée comme étant l’une des plus importantes en Europe.

Des biologistes ont récemment annoncé que les analyses effectuées sur certains cadavres de vautours révèlent la présence de substances toxiques (pesticides agricoles organophosphorés). Ces substances sont fréquemment utilisées par les agriculteurs pour éradiquer la faune indésirable.

L’empoisonnement ne serait pas la seule raison de cette hécatombe, la baisse des ressources alimentaires serait également en cause : le lapin, la proie favorite de notre rapace, se fait de plus en plus rare dans les Bardenas.

Mais très bizarrement, le lapin s'avère être en surpopulation hors du désert au point que sa chasse massive y a été autorisée. On peut ainsi penser que, poussés par la faim, les percnoptères se sont aventurés hors des Bardenas dans des zones agricoles où sont couramment utilisés les pesticides organophosphorés.

Il est un autre facteur dont il faut tenir compte : les parcs d’éoliennes. Assez nombreux tout autour des Bardenas, ces gigantesques moulins à vent offrent un haut risque de collision avec tout ce qui peut voler à proximité. Il suffit du décès d’un seul adulte reproducteur par an pour mettre en péril la viabilité d'une population de percnoptères.

Par contre, les biologistes affirment que l'augmentation du tourisme n'a pas affecté cette espèce.

 

 

Les Bardenas Reales manquent d’argent :

Le président de la Comunidad de Bardenas Reales, José Antonio Gayarre, a demandé au Gouvernement de Navarre des aides économiques identiques à celles qu’obtiennent les deux autres Parcs Naturels de la région ( Bértiz et Urbasa-Andía).

Les Bardenas pourraient également recevoir une aide de la part du gouvernement espagnol. Le territoire des Bardenas Reales est en effet la seule des 32 Réserves de Biosphère espagnoles à s’autogérer, sans aucune aide extérieure.

A l’heure actuelle, la seule source de revenue dont dispose la Comunidad de Bardenas Reales est celle que verse l’armée pour la location du polygone de tir et de bombardement (trois millions six cent mille Euros par an).

 

 

Centre éducatif, touristique et de gestion environnementale :

La construction du centre éducatif, touristique et de gestion environnementale (voir « Flash infos 2007 ») n’a toujours pas débuté. La raison ? le manque d’argent (voir article ci-dessus).

Ce centre devrait être construit dans le secteur de Los Aguilares, mais il existe une autre alternative peut-être moins coûteuse : si comme convenu l’armée se retire des Bardenas fin 2008, le centre éducatif, touristique et de gestion environnementale pourrait s’installer dans certains bâtiments militaires (tout le polygone de tir et de bombardement devenant la propriété de la Comunidad de Bardenas Reales).

Emplacement du futur centre touristique de los Aguilares.

 

Un véhicule appartenant à la "Comunidad de Bardenas Reales".

 

 

Amis touristes, soyez plus disciplinés !!!

La zone de las Cortinas est en danger ! C’est le constat alarmant que fait l’association écologique « Ecologistas en Accion ».

En effet, depuis quelques années, un tourisme très peu respectueux des règles qui régissent le Parc Naturel des Bardenas Reales a fait sont apparition. Nous en avions déjà parlé dans « Flash infos 2007 » en mentionnant un nombre toujours croissant de véhicules circulant ici et là de façon plus ou moins anarchique (automobiles, quads, motos, camping-cars et autobus).

Aujourd’hui, nous allons dénoncer le comportement révoltant de certains touristes qui ne tiennent aucunement compte de la réglementation du Parc (il existe pourtant de nombreux panneaux d’informations et il est très facile de se procurer un bon guide).

La zone de las Cortinas semble être la plus touchée. Ici figurent des sites de grande valeur naturelle (barrancos, bad-lands, étang, cheminée de fée, etc). De ce fait, las Cortinas est devenue une étape privilégiée pour un tourisme de masse qui tend à perturber gravement la faune et l’avifaune locale, ainsi qu’à accélérer la dégradation (érosion) de certains lieux tels que les bad-lands et le Castildetierra.

Ci-dessus (photo montage) : L’ultime solution ?

Outre l’invasion de véhicules en stationnement, nous constatons maintenant qu’un grand nombre de touristes s’adonnent à l’escalade du Castildetierra (dangereux et strictement interdit !!!) et que des motards n’hésitent pas à faire du hors-piste notamment au fond des barrancos (strictement interdit !!!).

Les photos qui suivent parlent d’elles-mêmes :

Le Parc Naturel des Bardenas Reales est-il mal géré ? d’un point de vue touristique, il semblerait que oui.

Les touristes sont-ils indisciplinés ? pour bon nombre d'entre eux, c'est une évidence.

Alors comment mettre fin à ce désordre ? probablement en établissant encore plus d’interdits (il est bien triste d’en arriver là) et en effectuant une surveillance plus rigoureuse (préventive, voire répressive).

 

 

Le Castidetierra n’est pas éternel :

Le Castildetierra, cette énorme cheminée de fée d’environ 30 mètres de hauteur, s’avère être le monument naturel le plus représentatif des Bardenas Reales.

Nous l’avons vu dans « Flash infos 2004 », une opération d’urgence a permis le colmatage de fissures qui auraient rapidement mis un terme à l’existence du Castildetierra. Ce problème réglé, la durée de vie du Castildetierra n’en demeure pas moins limitée à environ 40 ans.

Fragile et particulièrement sensible à l’érosion, cette admirable formation géologique ne sera probablement plus qu’un souvenir en l’an 2050.

Photo : Le Castildetierra est une œuvre qui se contemple à distance, ne franchissez pas les barrières « passage interdit », respectez la réglementation locale.

 

 

2008, dernière année d’occupation militaire ?

Rien n’est moins sur !

Le contrat de location des 2.200 hectares de terres louées à l’armée par le Navarre expire en décembre de cette année, mais il semble difficile de croire que les militaires lâcheront si facilement un site qu’ils qualifient eux-mêmes d’exceptionnel (on se souvient que selon ce même contrat, la base de Los Tres Hermanos aurait dû être démantelée en 2001).

En effet, on ne peut penser sérieusement que les militaires puissent quitter un jour les Bardenas : le territoire est très vaste, désertique, et les conditions météorologiques sont globalement excellentes (il s'agit de l'une des régions les plus ensoleillées de la péninsule ibérique). De plus, il n'existe aucun autre champ de tir aérien en Espagne, et celui des Bardenas Reales est l'un des meilleurs dont l'OTAN puisse disposer en Europe. Autre atout d'importance : la proximité de la Base Aérienne de Saragosse et de la Base de San Gregorio (située au pied des Mont Castejon, entre Saragosse et les Bardenas).

On remarque depuis quelques mois que le ministère de la défense espagnole ne cesse de souligner que la présence militaire dans les Bardenas est un gage de préservation du milieu naturel : « le polygone de tir et de bombardement étant une zone interdite d’accès, la protection de la faune et de la flore y est assurée ».

Les écologistes, pas dupes, rappellent que rien n’est plus polluant que des explosifs et que depuis 1951 ce sont des milliers de bombes qui ont explosé dans l’enceinte du polygone.

Photo : Avions réformés servant de cible lors des exercices de tir air-sol.

L’abandon du site devra donner lieu à un démantèlement total des installations militaires (bâtiments et structures diverses), à l’évacuation de milliers de tonnes de ferrailles et à la décontamination des sols. Cette procédure est, par exemple, obligatoire dans les zones minières en fin d’activité.

Malgré tout, et avec certitude, l’ex-zone militaire restera interdite d’accès pour de très nombreuses décennies (la décontamination des sols ne sera probablement pas totale et il restera immanquablement de nombreuses bombes non explosées).

Maintenant une question se pose : comment réagirait une population excédée par plus d’un demi-siècle de présence militaire si l’armée refusait de quitter les Bardenas ?

Photo : Bombardement (en bas à droite, nous pouvons voir les falaises du Rallon et de la Ralla). Photo: USAF